Pierre MONNET

Directeur de la Mission Historique Française en Allemagne

La Mission Historique Française en Allemagne de Göttingen au service de la recherche française et allemande en sciences historiques depuis 25 ans

Résumé :

Fondée en 1977, la Mission Historique Française en Allemagne (MHFA) a célébré en 2002 ses 25 années d’existence. Elle fut, jusqu’à la création du Centre Marc Bloch de Berlin le seul établissement dépendant du Quai d’Orsay voué au développement des collaborations en sciences humaines entre la France et l’Allemagne. Par son implantation dans une ville de grande tradition scientifique, par son immersion dans un centre de recherche allemand, par ses fonctions de relais et de passeur d’idées, de problématiques et de livres entre la France et l’Allemagne, par son implication enfin dans les structures de recherche et de collaboration universitaire communes aux deux pays, la MHFA constitue bien un chaînon important des relations culturelles et intellectuelles de part et d’autre du Rhin. Cette fonction lui a valu de pouvoir délimiter des objets d’histoire dont la formulation s’est révélée interdisciplinaire, internationale et diachronique, c’est-à-dire le plus appropriée à des échanges scientifiques potentiellement ouverts à d’autres cultures historiques que la française ou l’allemande.
Les échanges se firent donc entre chercheurs, entre enseignants des universités, et bientôt entre les étudiants car très vite la MHFA mit en place un programme de bourses afin de permettre aux étudiants et doctorants français travaillant sur l’histoire et la civilisation germaniques d’organiser des séjours de recherche et d’archives. Parallèlement, un périodique a vu le jour, le Bulletin d’Information de la MHFA, dont les rubriques reprennent les quatre piliers sur lesquels reposent depuis 25 ans les moyens d’action d’une telle coopération en histoire et en sciences humaines et sociales : tout d’abord les programmes franco-allemands ou internationaux de recherche et les manifestations scientifiques communes ; ensuite le soutien et la formation à la recherche dans les deux pays, particulièrement en faveur de la jeune recherche ; mais aussi l’information sur les structures et les instruments de recherche, les programmes d’enseignement, les fonds d’archives, les parutions récentes sur l’histoire allemande particulièrement à travers des centaines de comptes rendus ; et enfin les éditions, les publications et les traductions susceptibles de favoriser le commerce des idées et des interprétations entre les deux pays et d’insister sur la part française, sur la part allemande et sur la part franco-allemande de l’histoire européenne. C’est dire si un tel programme d’action et de recherche est loin d’être épuisé.