Gilbert Merlio

L'ESPRIT DE LOCARNO

Résumé :

"L’ordre" issu du traité de Versailles signifia la continuation de la guerre par d’autres moyens. Pour la France, l’Allemagne restait une grande puissance dangereuse qu’il s’agissait de contenir en exigeant d’elle un respect scrupuleux du traité. L’Allemagne s’efforçait d’obtenir la révision du "Diktat". La "bataille de la Ruhr", en 1923, constitua l’acmé de ces tensions. Elle ramena les deux protagonistes à la raison. Sous la pression de ses alliés, la France comprit que seule une Allemagne ayant retrouvé sa stabilité économique pouvait satisfaire à ses engagements. La "Realpolitik nationale" de Stresemann s’efforçait de faire entrer l’Allemagne de nouveau dans le concert des nations en internationalisant le règlement des conflits. En octobre 1925, les traités de Locarno parurent garantir la sécurité en Europe et ils suscitèrent une vague d’enthousiasme dans les pays voisins : la paix succèdait enfin à la guerre ! L’entretien de Thoiry (septebmre 1926) montra la difficulté qu’il y avait à parvenir à un règlement complet du contentieux franco-allemand par la coopération économique, le règlement de la question sarroise et l’évacuation anticipée de la Rhénanie. Néanmoins, "l’esprit de Locarno" demeura et provoqua un rapprochement franco-allemand dont les différents acteurs firent preuve de beaucoup de conviction et d’engagement, notamment dans le domaine culturel. Locarno n’était pas un traité franco-allemand comme le traité de l‘Elysée. Mais le rapprochement franco-allemand inspiré par"l’esprit de Locarno" annonce à plus d’un égard la réconciliation franco-allemande qui eut lieu après la Seconde Guerre mondiale.

 

Der Geist von Locarno.

Zusammenfassung :

Die Versailler ?Ordnung“ war nur die Fortsetzung des Krieges mit anderen Mitteln. Für Frankreich blieb Deutschland eine gefährliche GroBmacht, die es durch peinlich genaue Erfüllung des Versailler Vertrags einzudämmen galt. Deutschland versuchte die Revision des ?Diktats“ zu erzielen. 1923 bildete der Ruhrkampf den Gipfelpunkt der Spannungen zwischen beiden Ländern. Er brachte beide zur Ernüchterung. Unter dem Druck seiner Alliierten verstand Frankreich, daB nur ein wirtschaftlich gesundetes Deutschland seinen Verpflichtungen nachkommen konnte. Durch Internationalisierung der Konfliktlösungen erstrebte Stresemanns ?nationale Resalpolitik“ die Wiedereinführung Deutschlands ins Konzert der Nationen. Im Oktober 1925 schien das Vertragswerk von Locarno endlich die lang ersehnte Sicherheit in Europa zu gewährleisten und löste in den Nachbarländern eine groBe Begeisterungswelle aus. Das Gespräch von Thoiry (September 1926) zwischen Stresemann und Briand zeigte aber, wie schwierig eine Gesamtregelung der deutsch-französischen Beziehungen durch wirtschaftliche Zusammenarbeit, Lösung der Saarfrage und Beschleunigung der Rheinlandräumung zu verwirklichen war. Nichtsdestoweniger lebte der Geist von Locarno weiter und erwirkte eine von den verschiedenen Akteuren mit groBem, aufrichtigem Engagement verfolgte deutsch-französische Annäherung, insbesondere auf kutureller Ebene. Locarno war kein deutsch-französischer Vertrag wie der Elysee-Vertrag. Die vom Geist von Locarno inspirierte deutsch-französische Annäherung aber nimmt in mancher Hinsicht die deutsch-französische Versöhnung der Nachkriegszeit vorweg.