Fritjof von NORDENSKJÖLD

La coopération franco-allemande en Europe

Nos deux pays, la France et l’Allemagne, ont donc élu leur gouvernement et après l’agitation électorale des deux côtés du Rhin, sont désormais prêts à relever ensemble les nouveaux défis, qui sont multiples. Sachant que la France a cinq ans et l’Allemagne quatre ans libres pour agir, on voit la liberté d’action qui est la nôtre. En France, le nouveau gouvernement est bien en place. Le président de la République et le gouvernement Raffarin, comme le laissent entendre les nombreuses déclarations officielles, accordent une grande priorité à la coopération européenne et à la relation franco-allemande. En Allemagne, c’est exactement la même chose. Ce sont les deux grandes priorités de nos deux gouvernements. En Allemagne la constitution du nouveau Bundestag a eu lieu le 17 octobre dernier. Après son élection par la chambre des députés, le chancelier prononcera la déclaration du gouvernement le 29 octobre. Mais d’ores et déjà, nous avons pu lire le contrat de coalition, qui indique les grandes lignes et donne une idée de ce qui nous attend. Du fait que ce gouvernement retrouvera le même chancelier, le même ministre des Affaires étrangères, le même ministre des Finances, il y aura évidemment continuité sur un grand nombre de questions, mais surtout en matière de politique étrangère et européenne, où la continuité s’est pratiquement toujours exercée, même lors des changements de gouvernement. Par conséquent, nous conservons beaucoup d’acquis, et les valeurs fondamentales de la politique étrangère et européenne demeurent inchangées. La seconde législature nous permet donc d’escompter une continuité de la politique et laissera le temps au gouvernement de la mettre en œuvre, car dans la première législature il n’a eu pratiquement que deux années opérationnelles. La première année, c’est le rodage, ensuite deux années productives et la quatrième année, c’est déjà la campagne électorale. C’est donc maintenant que, sans grand rodage nécessaire, le gouvernement peut se lancer directement dans l’action. Ceci est une bonne chose aussi pour les partenaires, il n’y a pas de « novice » et les acteurs principaux de la scène internationale se connaissent déjà. Que laisse présager l’accord entre les partis de la coalition gouvernementale ? Au plan international, nous restons fortement intéressés par le développement des Nations Unies et des structures multilatérales. Il est clair, dans notre logique européenne, que le gouvernement fédéral souhaite voir l’Europe disposer d’un siège au Conseil de Sécurité, mais je comprend très bien l’intérêt de la France et de l’Angleterre à préserver le leur. Les autres institutions internationales comme l’OSCE et le Conseil de l’Europe sont pour nous aussi des organismes très importants et nous œuvrons évidemment pour la création et l’adoption d’une communauté de valeurs européennes. Les relations transatlantiques sont une constante incontournable de la politique étrangère allemande, l’OTAN reste un instrument indispensable à la stabilité et la sécurité en Europe. Nous voulons profiter de l’élargissement de l’Union Européenne et de l’OTAN pour intensifier notre coopération avec nos voisins de l’Est. La consolidation de la prévention civile des crises et de la gestion des conflits, pierre angulaire de notre politique internationale de paix et de stabilité, reste une priorité. Nous sommes solidaires en matière de lutte contre le terrorisme international. Nous voulons garantir le respect des droits de l’homme et des règles de l’Etat de droit. Les priorités, on le voit, sont restées les mêmes dans le domaine international et surtout en matière de défense. J’aimerais insister sur le fait que les critiques portant sur d’éventuels signes de pacifisme sont infondées. Vous savez que nous nous sommes fortement investis dans les opérations de paix dans les Balkans, en Afghanistan. Après les USA, c’est l’Allemagne qui aligne le plus grand nombre de soldats dans toutes les opérations internationales et de ce point de vue il n’y a pas de changement.
En matière de relations bilatérales, le gouvernement allemand reste naturellement très engagé dans la coopération franco-allemande, et dans ce domaine il n’y a pas la moindre différence entre la France et l'Allemagne. Les deux gouvernements préparent déjà le quarantième anniversaire du traité de l'Elysée qui sera célébré le 22 janvier 2003. Pour ce qui est de notre coopération sur les sujets touchant à l'Europe, nous avons déjà devant nous une longue liste de dates importantes. Citons surtout les 24 et 25 octobre, où le Conseil Européen doit décider du financement de l'élargissement de l'Union Européenne. Un point crucial, parce que cet élargissement ne sera évidemment pas une affaire facile à régler. Tous les Etats membres ont des difficultés financières. L’Allemagne, qui était un des champions de la stabilité financière en Europe, a dû accepter cette année un dépassement du seuil de 3%, ce qui est assez pénible pour un pays connu autrefois pour l'austérité budgétaire. L’Allemagne a évidemment de lourdes charges, comme la réunification, qui lui coûte toujours à peu près soixante quinze milliards d’euros par an. Malheureusement aussi, nos principaux partenaires en Europe, comme la France ou l’Italie, ont des difficultés, ce qui fait que chaque euro à mettre de côté pour l’élargissement de l’Europe ne pourra être obtenu que par d’importantes mesures d’épargne.
S’agissant de la relation proprement dite entre nos deux pays, il faut en examiner les trois aspects : d’abord les relations politiques, qui sont toujours les plus visibles, ensuite la dimension profonde entre les deux sociétés civiles de nos pays et enfin le reflet de toutes ces actions et activités dans les nombreux commentaires de presse et autres sources d’information, généralement assez critiques, je dois l’avouer.

Sur le point des relations politiques, après certaines crises qu’a vécues la relation franco-allemande, un système de rencontres extrêmement régulières et denses au plus haut niveau s’est mis en place, pratiquement toutes les quatre semaines maintenant – comme vous l’avez vu, le chancelier est même venu à Paris deux fois au cours de la première quinzaine d’octobre. La formule de ces rencontres est tout à fait exceptionnelle puisqu’elle réunit uniquement le président de la République, le chancelier et les deux ministres des Affaires étrangères. Aucun fonctionnaire ni ambassadeur n’est invité à ces dîners – hélas ! Ceci, évidemment, ne facilite pas ma vie professionnelle mais donne l’occasion à nos patrons de se parler avec une franchise tout à fait extraordinaire et inhabituelle. Cette manière de se rencontrer très souvent et de se parler de manière ferme, claire et amicale est constructive. Elle a donné à la relation sa stabilité, même si les échanges ne sont pas toujours univoques parce que naturellement, même en Europe, même dans les relations bilatérales, il y a des points de vue et des intérêts différents. Dans les grandes lignes toutefois, il existe un large consensus et une bonne convergence de vues, sur l’évolution de l’Europe notamment, mais aussi sur le rôle du Conseil de Sécurité des Nations Unies ou sur la question de l’Irak. Je crois que, surtout quand il s’agit d’argent, cette formule de rencontres très régulières et directes donne l’occasion de résoudre les problèmes les plus difficiles et les plus compliqués.
S’agissant de la dimension profonde des sociétés civiles de nos deux pays, on peut dire sans exagérer que le tissu des relations franco-allemandes reste le plus dense qui existe entre deux états-nations. On peut penser là au jumelage entre les villes et les régions – on en compte plus de deux mille deux cents, un record –, à l’OFAJ, qui depuis 1963 a permis à plus de six millions de jeunes de se rencontrer, à ARTE, aux coordinateurs pour les relations franco-allemandes, à la Brigade franco-allemande, aux échanges de fonctionnaires dans de nombreux ministères, aux mesures de développement des relations scientifiques – nous y affectons une somme deux à trois fois supérieure à celle consacrée il y a dix ans à la coopération scientifique, à l’Institut de Brandebourg pour la coopération franco-allemande, à l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, au Centre français de l’université de Fribourg-en-Brisgau, à l’Université Technique de Berlin et à leurs pendants français : le Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne, la chaire des études allemandes à l’Institut des Etudes Politiques, l’Institut historique allemand à Paris, le Forum allemand pour l’histoire de l’art, et finalement aussi à l’Université franco-allemande – on pourrait continuer cette liste à l’infini pour tous les secteurs de la société.

C’est dans le domaine de l’enseignement supérieur et dans celui des sciences que l’évolution des quinze dernières années est particulièrement impressionnante. Le grand nombre de cursus franco-allemands intégrés dans l’enseignement supérieur, général et technique, représente un cas unique en Europe. Ces cursus doivent leur développement au travail fourni par le Collège franco-allemand pour l’enseignement supérieur depuis la fin des années 80. Au début de l’année 2000, ils ont été confiés à l’Université franco-allemande, véritable institution inter-étatique qui a toujours valeur de modèle en Europe et dans le monde. Le Forum franco-allemand de Strasbourg, salon de l’emploi et des études lié à l’Université franco-allemande, a connu sa troisième édition il y a un an, très réussie puisque plus de sept mille jeunes participants de nos deux pays étaient présents. Le même succès devrait être au rendez-vous au Forum de cette année qui se tiendra les 24 et 25 octobre à Mayence. Ces projets et programmes reçoivent tous une aide massive tant du côté allemand que français. Le gouvernement allemand alloue chaque année plus de dix millions d’euros à la seule Université franco-allemande et au programme du DAAD consacré à la France. Il s’agit là d’un grand pas vers l’avenir et ces avancées sont devenues des modèles pour d’autres programmes bilatéraux en Europe. Seule ombre à ce tableau, la réduction du réseau d’instituts culturels de nos deux pays. Force est de constater que les budgets extrêmement étroits de nos gouvernements nous obligent à resserrer notre réseau, l’argument avancé étant qu’avec tous les moyens techniques actuels on est parfaitement bien interconnecté. Je ne crois pas que cela puisse remplacer un institut sur place qui offre toutes les possibilités de rencontres et de présentations. Mais nous devons vivre avec cette situation et je suis très content qu’il y ait quand même un réseau assez dense d’instituts franco-allemands.
J’aimerais vous dire quelques mots aussi sur le secteur économique, parce qu’il est resté un peu à l’ombre dans notre relation. Je n’ai jamais compris pourquoi. Peut-être est-ce simplement parce que les grandes entreprises qui se sont installées dans nos deux pays ont voulu passer pour des entreprises françaises en France et allemandes en Allemagne, pour éviter je ne sais de quel genre de réactions. De fait, on a peu entendu parler de cette incroyable relation entre nos deux pays, qui est depuis de longues années un réel succès. Chacun est le premier partenaire économique de l’autre et lorsqu’on voit que notre PNB représente 52% du PNB de la zone euro, on s’imagine bien le poids économique de nos deux pays. Les chiffres sont éloquents : onze pour cent du volume total des exportations allemandes sont destinés au marché français et à l’inverse, quatorze pour cent du volume total des exportations françaises prennent la direction de l’Allemagne. Pour donner une petite comparaison, le volume du commerce français avec le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie est à lui seul supérieur aux échanges commerciaux de la France avec le Japon, pourtant deuxième puissance économique du monde. Il est impressionnant de voir le nombre croissant d’entreprises françaises et allemandes qui conjuguent leurs forces pour assurer la compétitivité à l’échelle du globe, dans une économie mondialisée. Citons par exemple EADS et Aventis, qui sont les deux plus grandes entreprises franco-allemandes. Après les échanges commerciaux viennent, dans le même ordre de grandeur, les investissements directs. En 2000, le montant global des investissements directs allemands en France s’est élevé à 23 milliards d’euros, contre 29 pour les investissements directs français en Allemagne. Je voudrais particulièrement saluer l’activité française dans les nouveaux Länder, où la France a été dès le début l’un des plus gros investisseurs européens et mondiaux. Et souligner un autre aspect largement remarqué, concernant le développement dans les zones frontalières : plus de cent mille Français et Allemands travaillent chaque jour respectivement en Allemagne et en France. Par ailleurs, il y a mille cinq cents à deux mille mariages franco-allemands par an et, selon nos estimations, cent cinquante mille Allemands environ résident en permanence en France. Quinze millions de touristes allemands visitent la France chaque année. Pour nous Allemands, il y a évidemment dans ce contexte une mauvaise nouvelle, parce que dans l’autre sens, les Français ont un goût assez faible pour l’Allemagne comme destination touristique : 1,6 millions seulement, soit un rapport de 1 à 10 en notre défaveur. Je ne sais pas pourquoi. Pire encore : dans leur majorité, ces gens ne viennent pas pour le tourisme mais pour obligations économiques ou professionnelles. Je crois que notre Office pour le tourisme allemand à Paris a là un grand travail à faire, mais je pense que même avec une meilleure présentation, la relation ne va pas changer profondément. Même les touristes japonais semblent trouver plus d’attrait à l’Allemagne que nos voisins directs. Néanmoins la proximité de nos deux pays dans beaucoup de domaines n’a jamais été aussi grande qu’aujourd’hui. Chez les jeunes de nos deux pays par exemple, qui regardent les mêmes films (surtout américains), il est évident que les sujets de discussion se ressemblent et les problèmes aussi naturellement. Je crois donc qu’il y a là un potentiel assez positif.

Mais des problèmes demeurent. Il est essentiel que les réseaux sur lesquels se fonde la relation entre nos deux sociétés rajeunissent. Si l’on observe nos jumelages, on voit qu’ils sont animés en grande partie par des gens d’un certain âge. Il serait certainement précieux, pour le 40ème anniversaire du traité de l’Elysée, de trouver des éléments qui attirent la jeune génération à s’engager dans une activité. Globalement, la curiosité à l’égard du pays voisin me semble aujourd’hui limitée. Elle est encore plus faible en France qu’en Allemagne. Lorsqu’on voit que les correspondants des médias allemands en France sont quatre fois plus nombreux que leurs homologues français en Allemagne, le déséquilibre est manifeste. Et si l’on regarde les sondages sur la question : « Qui sont vos meilleurs amis ? », il y a tout de même de quoi s’interroger lorsque les Allemands déclarent se sentir plus proches des Italiens ou des Espagnols que des Français. C’est un sondage SOFRES/Emnid de l’année 2000. Chez les jeunes Allemands de quatorze à dix neuf ans, la France n’arrive qu’en quatrième position après l’Italie, les Etats Unis et l’Espagne. Il s’agit pour moi d’un sujet primordial. On ne peut qu’être frappé de constater que, dans nos deux pays, les élèves veulent de moins en moins apprendre le français ou l’allemand. Ce problème sera évidemment posé lors de l’anniversaire du traité de l’Elysée. Car je crois qu’il faut un signal assez fort de nos supérieurs pour promouvoir la langue du partenaire – surtout dans l’enseignement secondaire où, en France comme en Allemagne, les jeunes préfèrent l’espagnol comme deuxième langue. Il est bien clair qu’avec la perte de nos deux langues, la connaissance du voisin est aussi en plein recul et je crois qu’il y a là une dimension extrêmement importante, parce que si la connaissance personnelle se perd, le risque existe de retomber dans les clichés simplistes. Il existe néanmoins une raison d’être un peu plus optimiste dans ce contexte, c’est que le recul se limite plutôt aux écoles secondaires. Dans l’enseignement supérieur, général ou technique, on observe, en France notamment, une nouvelle évolution. Les étudiants de droit, d’économie ou des filières techniques sont de plus en plus nombreux à apprendre l’allemand. Ils s’adaptent aux besoins du marché du travail et sont conscients du fait que connaître l’allemand pourrait améliorer concrètement leurs perspectives professionnelles. Il est établi qu’en France, actuellement, entre vingt mille et quarante mille postes ne peuvent être pourvus en raison d’un déficit de candidats possédant un minimum de connaissances en allemand. Je voudrais inviter ceux qui recherchent un emploi à consulter le mensuel Kontakt publié par la Chambre franco-allemande de commerce et envoyé aux entreprises françaises et allemandes qui en sont membres. Le marché offre de nouvelles chances aux Allemands et aux Français, et je crois qu’il faut sensibiliser les parents d’élèves à ces critères, parce que le fait que le secteur économique n’ait pas été très visible jusqu’à maintenant dans le contexte franco-allemand ne les a sûrement pas incités à envisager cette possibilité pour leurs enfants. Bien sûr ceux-ci sont tentés de choisir l’espagnol, parce que l’espagnol leur semble plus facile et plus proche – et puis il y a l’Espagne, le soleil, l’Amérique latine et tout le reste. C’est la même chose en Allemagne d’ailleurs et c’est pour cela que le français en Allemagne souffre autant que l’allemand en France. Nous avons créé certaines activités pour justement contrer ce développement néfaste. En France, on a mis en route ce que l’on appelle les « DeutschMobile » qui sillonnent le pays pour promouvoir l’allemand. En Allemagne, l’équivalent s’appelle « France-mobile ». Ces opérations ont pour but d’éveiller une curiosité nouvelle envers le pays partenaire et d’expliquer à nos jeunes que l’allemand s’apprend facilement et le français aussi, surtout quand on commence tôt.

Troisième et dernier volet, celui de nos chers médias. Nous connaissons tous les mille et une variations sur le thème de l’axe franco-allemand qui ne fonctionne plus, du moteur franco-allemand qui ne tourne pas rond ou qui est en panne – certains le voient même aller en marche arrière ! Tout cela, ce sont des habitudes journalistiques, certes nourries par la volonté d’œuvrer pour le bien de la relation franco-allemande, mais qui ne reposent pas nécessairement sur une perception très juste de la complexité des choses. J’ai voulu vous donner quelques exemples montrant que les relations sont bien meilleures qu’elles ne paraissent et que ne le montrent les critiques des médias. Je pense que ceux-ci sont trop axés sur les événements politiques et moins sur la réalité de nos relations profondes. Je dirais donc qu’il n’y a pas de raison d’être trop pessimiste, même s’il existe des phases politiquement difficiles. Les relations franco-allemandes, après quarante ans d’existence, sont suffisamment solides et profondes pour survivre à des périodes moins fructueuses. On a vu dans l’histoire franco-allemande que ces périodes vont et viennent et ne dépendent pas du parallélisme politique. On l’a vu avec Monsieur Kohl et Monsieur Mitterrand : un président socialiste en France et un chancelier chrétien-démocrate en Allemagne, cela ne signifie pas que les relations ne fonctionnent pas. Et inversement. Ce qui compte, ce sont les relations humaines, pourrait-on dire, voilà pourquoi je crois qu’il n’y a rien à craindre. D’autant plus que Monsieur Schröder et Monsieur Chirac se connaissent déjà depuis un certain nombre d’années et qu’ils ont mis en place ce système d’entretiens en tête-à-tête, sans témoins qui pourraient compliquer les choses.
Pour le grand événement de l’année prochaine, il faut évidemment présenter au public un bilan de quarante ans de relations franco-allemandes. Il me semble nécessaire, en premier lieu, de faire l’éloge de ceux qui y ont œuvré durant les quarante dernières années, poussés par leur expérience personnelle pendant la Deuxième guerre mondiale et les années qui ont suivi. Le deuxième volet des déclarations devra s’adresser à la jeune génération, qui n’a pas la même expérience et se demande évidemment : que peut représenter cette relation franco-allemande pour nous, les jeunes ? Quel rôle vont jouer la France et l’Allemagne en Europe ? Est-il bien sage de continuer ce travail bilatéral dans une Europe qui est en passe d’être réunifiée ? Nos voisins britanniques et nos voisins de l’Est ne voient-ils pas cette relation d’un mauvais œil parce qu’ils ont l’impression qu’un directoire cherche à s’imposer aux autres ? Nous devrons trouver des idées concrètes et constructives, pour convaincre les jeunes de l’importance de la relation franco-allemande, même à l’heure actuelle, même dans le futur, même dans le contexte européen. Cela sera certainement notre tâche la plus importante. Optimiste comme je suis, je ne doute pas que nous trouvions le moyen de motiver cette jeune génération, afin qu’elle continue le travail accompli par les anciens, avec le résultat que nous voyons aujourd’hui.