Joachim Schild

La France, l'Allemagne et le débat sur l'avenir constitutionnel de l'UE

Résumé :

Les positions initiales défendues par les représentants français et allemands au sein de la Convention sur l'avenir de l'UE paraissent fort éloignées. C'est valable en ce qui concerne la question des compétences communautaires et le contrôle du principe de subsidiarité et c'est visible dans le domaine des réformes institutionnelles de l'Union. Les débats sur la subsidiarité et les compétences de l'Union ont déjà montré des terrains d'entente, des compromis satisfaisants sont possibles. Le débat sur la réforme institutionnelle s'annonce plus délicat. Un camp intergouvernementaliste, dont fait partie la France, affronte un camp plus intégrationniste, dont fait partie l'Allemagne. La proposition, avancée notamment par la France, d'instituer un président de l'UE élu par le conseil européen cristallise les discussions. Un tel président risque d'affaiblir le rôle de la commission et de son président, que l'Allemagne souhaite au contraire renforcer à travers son élection par le parlement européen. C'est précisément grâce à leurs traditions constitutionnelles et leurs approches divergentes en politique européenne que la France et l'Allemagne pourraient jouer un rôle clé dan sla recherche d'un compromis au sein d ela Convention. La politique constitutionnelle européenne pourrait donc être l'occasion pour les deux pays de redynamiser, après des années de stagnation, les relations bilatérales pour réaffirmer un leadership européen.

Frankreich, Deutschland und die Debatte über die verfassungsmäßige Zukunft der EU

Zusammenfassung :

Die deutschen und französischen Ausgangspositionen zu den Arbeiten des Europäischen Verfassungskonvents liegen teilweise weit auseinander. Dies gilt sowohl im Hinblick auf die Frage der Kompetenzabegrenzung und Subsidiaritätskontrolle in der EU wie auch im Hinblick auf die Reform ihrer Instituionen. Die Konventsdebatten zur Subsidiaritätskontrolle und Kompetenzordnung haben jedoch bereits Kompromißlinien zu Tage gefördert. Schwieriger erscheint die Lösung der institutionellen Reformprobleme. Hier stehen sich ein intergouvernementalistisches und ein integrationistisches Lager gegenüber, wobei Frankreich dem ersten, Deutschland dem zweiten Lager zuzurechnen ist. Den Kristallisationspunkt der Debatte bildet der von Paris unterstützte Vorschlag eines vom Europäischen Rat zu wählenden EU-Präsidenten. Ein solcher EU-Präsident droht die Europäische Kommission und ihren Präsidenten zu schwächen, für dessen Stärkung und Wahl durch das Europaparlament sich Deutschland wiederholt stark gemacht hat. Gerade ihre unterschiedlichen nationalen Verfassungstraditionen und europapolitischen Grundverständnisse und die daraus resultierenden unterschiedlichen Ausgangspositionen im Konvent könnten es Frankreich und Deutschland allerdings erlauben, gemeinsam einen wichtigen Beitrag zur notwendigen Kompromißbildung innerhalb des Konvents zu leisten. Dieses Feld der europäischen Verfassungspolitik erscheint als geeignet, eine deutsch-französische Führungsrolle in Europa nach Jahren des Stillstandes zu erneuern.