Avertissement

En 1982, deux ans après sa disparition, Félix Lusset publiait un livre à la mémoire de Robert Minder: aux témoignages des amis, il associait des textes du grand germaniste commentés par des collègues et des disciples. Tous les grands thèmes chers à R. Minder étaient traités dans ce livre intitulé La pensée vivante d’un humaniste : Robert Minder (1902–1980) : l’Alsace, la France et l’Allemagne, Mme de Staël, Döblin, Tieck, la méthode comparative, les images nationales, l’histoire culturelle, etc…

Pour le centième anniversaire de sa naissance, M.-C. Hoock-Demarle et A. Betz ont pris l’initiative de lui consacrer une journée d’études qui s’est déroulée le 22 novembre 2002 au Goethe-Institut de Paris. Aux témoignages ont succédé les études de chercheurs, dont de jeunes doctorantes : la perspective a changé et avec elle les interrogations. S’il revient à R. Minder, dont Albrecht Betz trace un saisissant portrait moral et physique, le grand mérite d’avoir pensé l’Allemagne en termes d’histoire culturelle, n’est-il pas resté influencé, malgré ses réserves et ses critiques, par la " Stammeskunde " de Josef Nadler ? La plupart des contributions de ce volume traitent de cette question, leurs appréciations ne sont pas unanimes et vont de l’admiration à la réserve critique. S’il fonde culturellement la diversité des territoires et régions allemandes pour en affirmer leur identité spécifique, R. Minder n’a pas, en effet, échappé à un déterminisme qui a pu lui faire apparaître la vanité d’une entreprise qui rappelle les dérives de Taine dans son élan contre Michelet. Pourtant, l’essentiel est sans doute que, situé par ses origines alsaciennes à la croisée de deux cultures, R. Minder a d’abord été un médiateur entre les cultures, un " passeur de cultures ", comme l’écrit joliment M.-C. Hoock-Demarle.

Cet ouvrage publie pour la première fois la bibliographie et la chronique que Manfred Beyer a établies de l’œuvre et de la vie de Robert Minder, il met ainsi à la disposition des chercheurs des outils inestimables de travail. Nous devons une reconnaissance particulière à M. Dieter Strauss, qui a non seulement permis la tenue de la journée d’études dans les locaux du Goethe-Institut de Paris qu’il dirigeait alors, mais a contribué aussi au financement de cette publication.

- J. V. -