François Bourel est mort le 6 octobre 2004 après de longues souffrances. Il a été un de ces jeunes gens que le fondateur du Bureau dinformation, de liaison et de documentation (BILD), le Père Jean du Rivau, réunit autour de lui en 1945 pour fonder une nouvelle relation franco-allemande sur des valeurs sociales et politiques. Son père avait participé à loccupation française de la Rhénanie dans les années vingt et avait appartenu au mouvement de Marc Sangnier, Le Sillon, qui oeuvrait pour une entente franco-allemande. Après 1945, son fils, François, choisit le chemin du dialogue, de lentraide et de la coopération avec les Allemands. Après des études de droit à Lyon et une expérience pédagogique très riche, notamment chez les Scouts de France, il est nommé, à 26 ans, directeur du Centre de rencontres de Spire tenu par le BILD et financé par le Gouvernement militaire français en Allemagne. Issu dun milieu MRP pro-européen, il a ouvert sa maison aux rencontres les plus diverses: séminaire international de jeunes socialistes, congrès dhistoriens, rencontre dhistoriens dart, séminaires détudiants de linterprétariat, carrefour de syndicalistes, de la jeunesse ouvrière et étudiante. En 1951, les autorités françaises lui confient la direction du festival de la Loreley, avec comme coéquipier Josef Rommerskirchen, alors président de Jeunesse catholique et président du Conseil fédéral des Mouvements de la jeunesse allemande. Cette manifestation, opposée au Festival mondial de la Jeunesse à Berlin-Est, a permis, pendant plusieurs semaines, à plusieurs milliers de jeunes de tous les pays dEurope occidentale, de vivre le bonheur et la joie de discuter ensemble sur lavenir et les valeurs de lEurope.
Après le déménagement du BILD - appelé en Allemagne " Gesellschaft für übernationale Zusammenarbeit " - à Cologne en 1954/55, F. Bourel travailla avec le ministre dEtat, Joseph Frank et Josef Winkelweide. En 1956, il prit un poste au Syndicat des Industries de la confiserie dont il devint le représentant à la Commission européenne de Bruxelles. Après 1970, il fut un des représentants du patronat français au Conseil économique et social de la Communauté européenne. Malgré ces nouvelles activités, il continua duvrer au développement des activités déducation populaire et des rencontres de jeunes. En 1963, le Haut-Commissaire à la Jeunesse et aux Sports, M. Herzog, le nomma au premier Conseil dadministration de lOFAJ, comme représentant de " A Cur joie ", Josef Rovan y étant nommé au titre de " Peuple et Culture ". A la disparition du Père du Rivau en 1970, F. Bourel écrivant dans la revue Dokumente (1/2, 1970) : " Les rapports franco-allemands ont besoin dune présence amicale. La confusion des esprits a besoin de critères et de discernement, mais aussi de lappréciation et de lécoute bienveillante des arguments du partenaire. Le travail réalisé en commun par les Français et les Allemands est fondamental pour lavenir de nos deux peuples en Europe et dans le monde ".
François Bourel a été un travailleur plein de modestie dans les vignes du rapprochement franco-allemand. Il ne jugeait pas nécessaire de décrire ses sueurs, ses temps perdus et ses succès. Nous lui devons, comme les gouvernements français et allemand et des milliers danimateurs de la coopération franco-allemande, notre gratitude sachant que la grêle peut à tout moment menacer la récolte.
- Rudolf HERRMANN -