"Des tabous? Mais il ny en a plus dans nos sociétés
" Telle fut souvent la réaction spontanée à lannonce de la thématique autour de laquelle se sont réunis vingt-et-un jeunes chercheurs allemands, autrichiens et français lors du colloque que l'association GIRAF-IFFD (Groupe interdisciplinaire de recherche Allemagne-France, Interdisziplinäre Forschungs-gemeinschaft Frankreich-Deutschland) a organisée les 8 et 9 octobre 2004 à lUniversité Charles de Gaulle - Lille 3 (1) . La priorité donnée d'emblée aux discussions ainsi que le recours possible à des termes définitoires dans les deux langues, français et allemand, ont permis d'élaborer une réflexion commune autour d'une notion dont les contours et les implications historiques, politiques, dramatiques et éthiques se sont révélées complexes et problématiques. Que soient simplement esquissées ici, en attendant la publication des résultats scientifiques de l'atelier, quelques lignes directrices suscitées par des échanges souvent très denses.
Contrairement à la première impression, les tabous existent bel et bien dans nos sociétés modernes. Dans la mesure où il est éminemment social et culturel, à la fois universel et relatif, le tabou s'est avéré être l'objet idéal d'un travail à la fois interdisciplinaire et comparatif. En effet, les intervenants issus de différentes disciplines des sciences humaines, sociales et médicales se sont chacun approprié la notion de tabou pour lappliquer aux différents champs retenus : histoire et rapport au passé, médias et espace public, expression dramatique et littéraire, sexualité, médecine et bioéthique. Létude de lévolution historique et épistémologique de la notion de tabou montre comment, après avoir été utilisée dans un premier temps essentiellement dans le champ anthropologique pour décrire des sociétés dites "primitives", le tabou sest peu à peu constitué en une catégorie analytique pertinente pour létude de nos propres cultures. Cependant, la réflexion menée au cours de latelier souligne que l'utilisation de la catégorie de tabou dans le contexte actuel pose un certain nombre de difficultés et de questions tant pratiques que théoriques. Les définitions classiques du tabou issues de lanthropologie ou de la psychanalyse sont-elles toujours applicables à nos sociétés sécularisées ? En quoi le tabou se différencie-t-il ou recouvre-t-il des notions proches telles que linterdit ou la norme sociale ? Comment le tabou se situe-t-il dans son rapport à lindividu, au groupe et à lensemble dune société ? Quelles sont ses fonctions et ses significations à ces différents niveaux ? Les tabous se génèrent-ils ou sont-ils générés ? Dans quelle mesure est-il alors nécessaire de les sauvegarder ou de les briser ? La prise de conscience du tabou suffit-elle à sa suppression ? Un compte rendu exhaustif de latelier est en cours de préparation. Les informations relatives à sa publication seront disponibles prochainement sur le site web de lassociation GIRAF-IFFD.
- Amélie SANDOVAL, Ingrid STREBLE -
1 - "Interdit, inconvenant, inacceptable ? Pour une réflexion sur les tabous et leur violation en France et dans les pays germanophones". Cet atelier de recherche a pu être organisé grâce au soutien de l'Université de Lille 3 (Direction de la recherche, EA FRESC, EA ALITHILA), de lUniversité franco-allemande de Sarrebruck, de lOffice franco-allemand pour la jeunesse et de lInstitut historique allemand de Paris, que nous remercions ici bien vivement. retour texte
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1. Informer les jeunes chercheurs en diffusant des informations pratiques (mise en place d'une cotutelle, bourses, postes, contacts) et scientifiques (parutions, colloques) sur la liste de diffusion et le site www.giraf-iffd.org. 2. Soutenir de façon concrète les doctorants en renforçant le dialogue avec les différentes institutions nationales et européennes à vocation franco-allemande: représentation des doctorants et post-doctorants, consultations et actions communes sur leurs possibilités d'insertion, partenariat dans le cadre de manifestations scientifiques. 3. Faire travailler ensemble les jeunes chercheurs. Les membres de GIRAF qui le peuvent se réunissent en groupe de travail le premier lundi de chaque mois à Paris, tous les deux mois à Berlin et une fois par trimestre à Francfort/Main (les dates des rencontres sont disponibles sur le site). La mise en ligne des travaux des membres de GIRAF sur le site web de l'association doit permettre la constitution de nouvelles équipes de recherche. Enfin, pour pérenniser les contacts et mettre en uvre les compétences croisées des jeunes chercheurs de GIRAF, l'association organise chaque année un atelier interdisciplinaire qui a vocation de mener une réflexion scientifique commune sur une notion problématique et d'en diffuser les résultats. Le premier atelier a eu lieu à Lille (voir supra), le second aura lieu en 2005 à Sarrebruck.
- Elsa KAMMERER - |