Sommaires prévisibles des numéros 183 à 186 de 2008
> No 183 (janvier-mars 2008)
Dossier P-P Sagave
Dirigé par U.E Koch et J. Vaillant
Introduction par Ch. DEUSSEN
I. Pierre-Paul Sagave, prussien, allemand et français, sa place dans les relations franco-allemandes,
A. RUIZ - Du sujet prussien et ressortissant du Reich au citoyen français. La “rémigration” de P.-P. Sagave, descendant de réfugiés huguenots, avec des extraits d'entretien avec P.-P. Sagave
Hg SCHULTE - P-P. Sagave, lecteur d'allemand à l'Université d'Aix-en-Provence et acteur des relations franco-allemandes
U.E. KOCH- Une coopération fructueuse bi-nationale: Le Centre de recherche sur Berlin et l'Allemagne du Nord, fondé par Pierre-Paul Sagave à l'Université de Paris X-Nanterre, et ses liens avec la Commission historique de la Ville de Berlin.
II. L'apport du chercheur en littérature et en civilisation:
E. SAGARRA/M. THURET - P.-P. Sagave, spécialiste de Th. Fontane
J. DARMAUN - P.-P. Sagave, spécialiste de Thomas Mann
S. Gouazé/B. Lestrade/G. Valin/J. Vaillant - L'apport du chercheur en civilisation : l'ouverture de l'étude de la civilisation allemande à sa dimension socio-économique
Ph. MIOCHE - P-P Sagave et les relations entre Aix et Tübingen
Cerise SAGAVE/Isabelle BOUDER - L'image de l'Allemagne que nous a transmise notre père
Les témoignage d'Alfred GROSSER et H. HARDER
H. MIARD-DELACROIX - Les perspectives de la recherche en civilisation allemande
VIE POLITIQUE, ECONOMIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE
Michèle WEINACHTER - Le SPD face à l'avenir de l'Agenda 2010, le congrès de Hambourg.
Elise LANOË - Le changement de paradigme dans les diplomaties culturelles allemande et française au tournant des années 1960-1970
Jérôme VAILLANT - La fondation du premier Goethe-Institut en France, en 1957 à Lille
Elise BOURNIZIEN - Le Tacheles, cathédrale de la sub-culture à Berlin ?
Hans BRODERSEN - La conjoncture économique
Brigitte LESTRADE - L'actualité sociale
Notes de lecture de J-C. François
Le Carnet littéraire de Chantal Simonin
Index 2007
> No 184 (avril-juin 2008)
Dossier « La réforme du fédéralisme allemand et ses implications européennes»
Dossier dirigé par J. Vaillant
J. VAILLANT - Aux origines du fédéralisme allemand d'après-guerre: tradition allemande et contraintes des occupants, les premières réformes (années 1960)
J-L GEORGET - La réforme territoriale impossible
J-P. GOUGEON - De la réalité du fédéralisme culturel
S. GOUAZE - Réforme du fédéralisme et attractivité du site économique Allemagne
W. WOYKE - Les dernières réformes du fédéralisme allemand? Succès ou Problème ?
W. REUTTER - Les parlements régionaux dans le système à plusieurs niveaux du fédéralise allemand
W. FÖRSTERLING - Le point de vue du Land NRW dans la négociation sur la Réforme 1
H. SCHELLER - Les aspects constitutionnels, fiscaux de la réforme du fédéralisme, la réalisation de conditions de vie semblables pour tous
O. GIRAUD - Entre efficacité, proximité, concurrence et solidarité : réformer le fédéralisme en Suisse et en Allemagne
D'autres contributions sur le fédéralisme pourraient être publiées
Dossier suivi d'autres articles
> No 185 (juillet-septembre 2008)
Dossier « Volker Braun et le roman de Hinze und Kunze »
Dossier réuni par Jacques Poumet
Volker Braun publie en 1985, après de longs démêlés avec la censure, un texte qui met en scène un haut responsable politique de RDA et son chauffeur. Leurs dialogues et leurs pérégrinations donnent lieu à une évocation percutante du contexte de la RDA des années 1980, et à une mise en question du discours que le parti-État tient sur lui-même.
Ce roman dialogique de Braun se situe à la croisée de la tradition du picaresque, où il s'inspire en particulier de Jacques le fataliste et son maître , et de l'héritage brechtien où l'on reconnaît Maître Puntila et son valet Matti et les Histoires de monsieur Keuner . Le Hinze-Kunze-Roman a par ailleurs une longue histoire chez son propre auteur, depuis la pièce Hans Faust rebaptisée Hinze und Kunze jusqu'aux Berichte von Hinze und Kunze .
Les intervenants éclaireront les conditions de la genèse de l'œuvre, interrogeront le décalage historique ou linguistique qui nous en sépare, et examineront l'imbrication du poétique et du politique qui la caractérisent. Ils analyseront par ailleurs la forme dialectique, aphoristique ou allusive que prend le discours satirique, et dégageront la fonction de l'irrévérence dans l'économie générale de l'œuvre
D. SCHLENSTEDT - Zur Druckgeschichte des Hinze-Kunze-Romans
C. KLEIN - Satire et polémique dans le Hinze-Kunze-Roman.
F. HÖRNIGK- Der Hinze-Kunze-Roman, 2007 wiedergelesen.
A. LEMONNIER-LEMIEUX - L'ancrage politique et philosophique de Volker Braun.
I. HAAG -„Wie schwer es ist, eine Liebesgeschichte strikt zu erzählen, kann man bei Diderot nachlesen...." - Über die Liebe im Hinze-Kunze-Roman.
A. LANCE, Les traducteurs et le texte du Hinze-Kunze-Roman
C. MILLOT, Ecriture poétique - écriture romanesque dans le Hinze-Kunze-Roman.
H. YECHE - Le bestiaire dans l'œuvre de Volker Braun
W. EMMERICH - Das nicht gelebte, das Lebenswerte. Sinn und Sinnlichkeit bei Volker Braun
H-P. PREUSSER - "Institutionen haben sich in der Landschaft festgesetzt wie ägyptische Pyramiden". Volker Brauns Hinze-Kunze-Roman in der Dialektik von Stagnation und Radikalkritik
> No 186 (octobre-décembre 2008)
Dossier « L'art contemporain : nouveau filtre de l'identité allemande »
Dossier dirigé par Jean-Louis Georget et Guillaume Robin
L'évocation du terme d'« art contemporain » nous amène à un éclatant paradoxe : jamais l'artiste n'aura été autant tenu à l'écart de son public et jamais l'art contemporain n'aura généré autant de profits. Sur la place du marché de l'art, l'Allemagne occupe en effet depuis plusieurs années une place prépondérante alors que la France ne cesse dans le même temps de décliner. Organisée tous les cinq ans, la Documenta de Kassel constitue l'une des plus importantes manifestations d'art contemporain au monde. Au palmarès 2007 du prestigieux Kunstkompass - littéralement, « la boussole de l'art » - qui établit chaque année un classement mondial des artistes contemporains, l'Allemagne compte quatre plasticiens parmi les sept artistes les plus cotés (Gerhard Richter, Sigmar Polke, Rosemarie Trockel et Georg Baselitz) et 31 artistes parmi les 100 premiers. Quant à Anselm Kiefer, sa participation récente à l'exposition Monumenta organisée dans la nef du grand palais est révélatrice de la place majeure qu'occupent à ce jour les artistes allemands sur la scène mondiale. Et pourtant, en dépit de cette progression économique exponentielle, l'artiste apparaît de plus en plus isolé et son identité de plus en plus insaisissable. A l'exception d'un petit public d'avertis, la désaffection de l'intérêt général pour l'art contemporain est grande et nombreux sont les procès d'intention qu'on lui prête. Dans l'illusion de comprendre davantage une œuvre figurative qu'un tableau abstrait, les adversaires de l'art contemporain critiquent son côté exclusif, élitiste et le fait qu'il soit réservé à une « petite tribu d'aficionados », selon l'expression employée par Paul Ardenne. Quiconque dans un musée n'a jamais entendu de la bouche d'un visiteur indigné par l'apparente simplicité d'une photographie ou d'un monochrome l'exclamation suivante : « Ça, je peux le faire moi-même en deux minutes ! »? De toute évidence, l'art est encore souvent réduit à une fonction purement décorative et l'artiste assimilé à la figure du bon artisan. On reproche ainsi communément aux artistes d'avoir quitté l'aire du savoir-faire pour le savoir-penser. Mais on oublie par là même que penser est un art. De même, par son aspect figuratif, l'art donnait jusque là l'illusion d'une proximité avec le spectateur qui, confronté plus tard à l'abstraction, à l'idée même de la représentation plus qu'à la représentation elle-même, a ressenti un sentiment désagréable d'étrangeté. Les cadres formels de l'art ont, eux aussi, éclaté. La production artistique s'est diversifiée et ne se résume plus au dessin, à la peinture et à la sculpture. Désormais, installations, photographies, vidéos, performances, arts numériques côtoient les formes d'art plus classiques. Là encore, le spectateur s'y perd et le recours des artistes à des mediums familiers (notamment, la photographie) lui donne l'impression qu'il ne s'agit plus d'art à cause précisément de cette familiarité trompeuse que le spectateur croit entretenir avec les nouvelles formes d'art. Bousculé dans sa forme, l'art l'a également été en matière de courants. Il n'y a plus de grand courant proprement dit mais des artistes plus ou moins isolés. Les mouvements et les groupes s'accumulent. La figure de l'artiste s'est autonomisée, individualisée. Cette perte de repères en termes de courants a contribué à éloigner de son public l'artiste, sorte d'électron libre, d'éternel fluctuant. Malgré cet isolement croissant de l'artiste vis-à-vis de son public, l'art contemporain connaît un essor économique sans précédent. C'est ce paradoxe que ce numéro d'Allemagne d'Aujourd'hui tente de cerner. Évidemment, ces considérations valent pour l'ensemble de la création contemporaine mondiale. Les artistes allemands ont vécu cette évolution comme leurs voisins. Mais au sortir de la Seconde guerre mondiale, ils ont été confrontés à un problème supplémentaire qui fait toute leur spécificité : la nécessité de se réapproprier une identité culturelle.
L'art avait été dévoyé sous le nazisme et réduit à un art d'état et à un simple vecteur de propagande. Il incombait donc aux artistes la tâche de redonner à l'art ses lettres de noblesses mais le contexte n'y était guère favorable. La responsabilité de l'Allemagne dans les crimes nazis et le sentiment de culpabilité collective empêchèrent de fait les artistes de recourir à certaines images faisant référence au nazisme et à la shoah, encore trop vives dans la mémoire collective. Comment les artistes allemands se sont-ils réappropriés une identité après la guerre ? De quelle manière depuis 1945 l'art est-il l'expression d'une quête identitaire? Dans quelle mesure les tâtonnements de la création postérieure à 1945 sont-ils l'expression d'un problème identitaire ? Ce sont les questions que soulève la première partie des contributions.
Dans un second temps, ce numéro s'interroge sur les liens qui unissent la politique et l'art contemporain en Allemagne. De manière très schématique, l'art en Allemagne entre 1900 et 1945 avait pris deux directions radicalement opposées. Jusque sous la République de Weimar, l'art était un art d'opposition. L'artiste expressionniste s'insurgeait à la fois contre des valeurs esthétiques (le cavalier bleu, die Brücke), morales et politiques. La récente exposition du musée Maillol consacrée aux années noires met en scène, à travers les œuvres d'Otto Dix et de Georg Grosz, cette insurrection esthétique, morale et politique. Sous le nazisme, cette opposition politique trouvera sa continuation dans la violence des photomontages de John Heartfield. L'art d'opposition céda sa place dans les années 1930 à un art de propagande et fut réduit au rang d'art dégénéré (Entartete Kunst). L'artiste servit l'idéologie du Troisième Reich (glorification du corps, de la femme au foyer, du travail) et les œuvres produites étaient le fruit des commandes d'état, comme en témoignent les sculptures monumentales d'Arno Breker et de Josef Torak les documentaires esthétisants de Leni Riefenstahl sur les Jeux olympiques et les congrès du parti. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, certains artistes Allemands cherchèrent à reprendre le flambeau de l'art d'opposition pour réaffirmer le rôle de l'art comme réveil de la conscience collective. On songe à la performance d'Anselm Kiefer qui, en 1969, sur un mode subversif et dénonciateur, effectua le salut nazi dans diverses villes d'Europe pour mettre en garde la société contre le retour du nazisme. C'est à ce thème qu'est consacrée la deuxième partie des contributions de ce numéro. Comment l'art en Allemagne, depuis 1945, est-il l'expression d'un engagement, d'un combat politique ? Quels sont les contenus et les expressions formelles de la création contemporaine ? Y a-t-il encore dans l'art politique la possibilité d'une expression propre ou, au contraire, un risque d'épuisement ? Etant donné le contexte dans lequel il s'inscrit, l'art contemporain allemand ne peut-il être autre que politique ?
Ce numéro d'Allemagne d'Aujourd'hui offre enfin un troisième champ de réflexion. Jamais les artistes allemands n'ont occupé une place aussi prépondérante sur la scène internationale. Allemagne d'Aujourd'hui s'interroge sur les raisons de ce succès, sur les causes de cette effervescence pour l'art contemporain allemand. La troisième série de contributions permet de faire un état des lieux de l'art contemporain en Allemagne et, pour ce faire, fait appel au regard d'historiens de l'art, de germanistes, d'artistes et de professionnels du marché de l'art.
Art et identité allemande
Art et politique
L'art contemporain allemand : un état des lieux